Vécue et impulsivité

Vécue et impulsivité
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Il est parfois possible qu'avec le temps, avec des évènements, un enchainement de choses qu'on ne vois pas venir ... il se peut que l'on change, que l'on se transforme, à partir d'une matière première qui se voit affinée et plus détaillée.
Evoluer pour devenir. Un mélange de différents symboles, une nuance entre le noir et le blanc, la nuit et le jour ... un joli gris perle noyé dans le brouillard peut être ?
Mais si tous ces échainements de jours, pas toujours ensoleillés, m'on fait devenir ce que je suis ... et continurons à me faconner comme une fille en statut de sel au bord de la mer ... celle qui attend celui que l'océan à emporté ... Suis-je à ce point froide si ce n'est pour me protéger d'une chose qui réchauffe ... qui nous envelloppe de chaleur, de douceur, de fièvre et pour finir d'une insolation d'ardeurs trop vite consumées ... Faut il que je sois condamnée à une éternelle retenue, celle de ne pas donné le meilleur de moi et de mon coeur à ces papillons collorés ? Impersonnels ?
Est-ce que ce sont ces jours qui ont fillés et passés, est-ce que c'est ma vie en forme de cour d'eau qui m'a fait être aussi fière de ne rien avouer, ou est-ce que le temps n'y est pour rien et que c'était un secret au fond de moi, près à jaillir à la moindre déception ...
Cela semble être une vérité que personne ne connait ... une légende qui se traduit par un conte ... " Combien de temps marcha t'elle ? Nul ne s'en souviens ... Mais elle revint un matin, avec une fiole d'eau vive et une fiole d'eau morte ... "
Une chose est sur ... il faudra du temps ... Pourtant, tant de gens voudrais pouvoir aimé, faut il encore s'en donner les moyens, ranger ses valeurs qui ne sont consruite que sur du sable ... ce sable qui coule entre mes doigts et s'enfuit ... pour me laisser les mains nues, exposées au soleil, au vent, à la pluie ... Ne pas serrer les poings et laisser quelqu'un prendre cette main ... comment est-ce possible, quand toute sa vie, on a été une guerrière qui donne des coups pour ne pas s'en prendre ... pour ne pas casser une sensibilité en fleur de nacre, qui casse si personne ne la protège ... et la nacre ... elle est si longue à se reconstruire, à redevenir aussi belle ...
Alors on la laisse dans une petite boite en ivoire, joliement ouvragée, une petite boite toujours fermée. Mais la clef de cette boite, on raconte que personne ne l'a vu depuis très longtemps ... personne ne sait à quoi elle ressemble, ni même si un jour on la retrouvera ... Est-elle perdue ? C'est une légende ...



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# Posté le dimanche 11 janvier 2009 10:02

Modifié le vendredi 23 janvier 2009 13:43

C'est une erreur ...

C'est une erreur ...

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" Dans ton regard et dans ta manière d'exister à travers ce personnage, on dirait la dernière survivante d'une de ces créatures mythologiques qu'on croyait battit sur un rêve ... un songe ...
Mais ce songe, quand il me regarde avec ses yeux d'enfants, moitiés tendres, moitié cruelle, il chamboule tout ce que j'ai en moi. Le bon, comme le mauvais.
Cette réalité, avec ses sourires qui me font frissonner est une musique qui noue les tripes, une aquarelle que l'on contemple sans fin, essayant de déceller le coup de pinceau qui la rend si magique, si unique ... comme toutes ces choses qu'elle aime, et qui ne porterons jamais autre noms que celui d'une choses ou d'un lieu ...
Dit moi que j'ai tord, dit moi qu'un jour je verrai en toi, cette étincelle dans tes yeux orageux, qui te ferra paraître à la fois vulnérable, mais aussi douée d'une nouvelle force infinie ... "




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Tu n'aurais jamais du me donner ça Nass ... maintenant que je l'ai, je me ronge de remords et de tristesse ... mais c'est tellement ...

# Posté le mardi 23 décembre 2008 17:39

Promesse nocturne de Noël ...

Promesse nocturne de Noël ...
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Dans la nuit froide et lointaine qui sait réchauffer son ur,
Il n'y a que la Lune pour veiller sur ce prédateur.
Au seuil de son avenir, il observe les feuilles que veulent-elles lui dire ?
I
l voit leur danse de Novembre fourvoyer dtranges bonheurs,
Qui deviennent au ur de l'hiver, d'une charmante couleure.
Le souvenir lointain de ces soirs de pluie sur les pavés polis,
Passe et tpasse dans ces champs de solitude au silence infini.
Hurlant au creux des nuits bleues, sous la Lune brillante,
Une mélodie belle et envoutante, cruelle et blessante.
Elle vient et revient comme autant de ces vents glaçants,
Qui balayent dans les plaines ces herbes aux reflets d'argents.
Elle gagne et accompagne ses choix, dans l'air du temps,
G
uidant son c½ur qui s'enflamme dans l'air du vent.
Q
u'elle est cette symphonie qui le transporte du soir au matins blêmes,
V
ers cette quête de l'horizon et de cette liber suprême ?
C
e ramage qui habite son âme c'est l'évidence d'avoir en lui,
Malgré les sangs et sanglots, cet espoir extme et infini ...



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Joyeux Noël à tous et à toutes ... oubliez tout l'espace de quelques moments auprès des vôtres ... ces moments dans l'esprit de Noël, qui nous rappellent le passé ... et nous permettent d'avancer ...
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# Posté le dimanche 21 décembre 2008 17:16

Modifié le mardi 23 décembre 2008 17:47

L'objectif à capturé un instant, instinct en flagrant délit.

L'objectif à capturé un instant, instinct en flagrant délit.
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Quand le loup brise les murs pour s'élancer au dehors, dans l'air glacée de la nuit ... sa soif de liberté domine tout, comme une prière absolue, un désir fou : accélérant son coeur, brouillant sa vue, délivrant son âme.
Plus rien ne compte sinon l'ailleurs et le là bas, la fuite de ces terres pour la poursuite de cet air.
La lumière de cette liberté m'enivre et m'éclaire à l'infini ce sublime espoir, murmure de mon souffle parmis le vent, la brume et les vapeurs de la nuit. Je cours sans fin vers mon ultime amour, qui viens et repars, comme cette mer qui me possède au file des jours et des nuits étalent que je passe sur ses rivages d'opale ... Je sais qu'il existe, cet amour sans ombre, ce bonheur sans pâleur. Sans plus de sang ni sanglots, empire de mes sens cachés, de ces étranges instincts inavoués ...



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Pix : Sethy, Gorges du Diable.

# Posté le mercredi 26 novembre 2008 10:58

Vassilissa la très belle

Vassilissa la très belle
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Parceque tout le monde garde une part d'enfance en soi, parceque c'est elle qui nous guide dans les moments décisifs de notre vie ...
Avant de déployer ses grandes ailes et prendre son élan pour plonger dans le vide, en espérant réeussir à voler ... il est important de se rappeler les moments où ces ailes n'étaient qu'un duvet de plumes ...
Alors je vais vous raconter une histoire ...
Celle que je préférais quand j'étais petite, par une froide soirée d'hiver, non pas autour du poel, mais bien au chaud dans mon lit ...
C'est un conte Russe qui s'appel : "
Vassilissa la très belle ".


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Il était une fois, au delà des mers et des continents, un marchand qui avait une fille unique, Vassilissa. Sa femme était malade alors que la petite allait sur ses huit ans. Sentant approcher sa fin, la mère l'appela, prit une petite poupée cachée sous ses draps et dit à Vassilissa :
- Écoute mes dernières paroles, obéis à mes dernières volontés. Je te donne cette poupée avec ma bénédiction maternelle. Garde-la, et ne la montre à personne. Si tu est dans la peine, si quelque mal t'advient, offre à manger à ta poupée et demande-lui conseil. Elle t'aidera dans le malheur.
La femme du marchand embrassa sa fille et mourut. Le veuf se désola pendant longtemps, puis songea à se remarier. Il choisit une femme plus très jeune, veuve comme lui, avec deux filles de l'âge de la sienne : une bonne ménagère, s'est-il dit, et mère de famille avisée. Il l'épousa donc. Mais la femme et ses filles étaient jalouses de Vassilissa. Elles la tourmentaient sans relache et l'accablaient de besognes pour que le vent et le soleil lui noircisse le teint afin que le travail la fasse dépérir.
Mais Vassilisa supportait tout sans se plaindre et devenait chaque jour plus belle, chaque jour plus blanche et rosé, alors que la marâtre et ses filles ne bougeaient pas, ne faisaient rien de leurs dix doigts, maigrissaient de dépit, et jaunissaient d'envie.
Ce qu'elles ne savaient pas, c'est que sa poupée aidait Vassilisa. Le soir, quand tout le monde s'endormait, la jeune fille s'enfermait dans son mansarde, servait à manger à sa poupée et lui racontait ses malheurs :
- Petite poupée, mange à ta faim, écoute mes peines ! Triste est la maison de mon père, la méchante marâtre veut ma perte.
La poupée mangeait, puis elle consolait Vassilissa, la conseillait et, au matin, faisait tout le travail à sa place. Vassilissa se repose à la fraîcheur, cueille des fleurs et, pendant ce temps, l'eau était puisée, les choux arrosés, le potager sarclé, le feu allumé. Et la jeune fille choyait sa poupée, lui gardait les meilleurs morceaux. Plus Vassilissa grandissait, plus elle embellissait et plus sa marâtre la haïssait. Un jour le marchand dut partir en voyage pour longtemps. La marâtre s'en alla habiter une maison à l'orée de la forêt. Dans cette forêt vivait Baba-Yaga, la vieille sorcière. Elle ne laissait personne approcher de son domaine et croquait les gens comme des poulets. Pour se débarasser de Vassilissa, sa marâtre l'envoyait tout le temps dans la forêt - chercher ceci, apporter cela. Mais la jeune fille revenait saine et sauve, sa poupée la guidait, l'éloignait de la maison de Baba-Yaga.
L'automne vint. Dehors, il faisait sombre, il pleuvait, et le vent hurlait, c'était déjà la fin de l'automne. Durant les longues soirées les filles travaillaient : l'une à faire de la dentelle, l'autre à tricoter des bas et Vassilissa à filer le lin. La marâtre leur donna la tâche pour la nuit et se coucha, ne laissant qu'une chandelle allumée pour les travailleuses. L'une de ses filles fit mine de moucher la chandelle et l'éteignit, comme sans faire exprès. Elle s'exclama
- Quel malheur ! L'ouvrage n'est pas terminé et il n'y a pas un tison dans la maison. Il faut aller demander du feu à Baba-Yaga ! Qui va y aller ?
- Pas moi, dit la dentellière. Avec mes épingles, j'y vois clair !
- Ni moi, dit la tricoteuse. Mes aiguilles brillent, j'y vois bien. Et toutes les deux s'en prirent à Vassilissa :
- C'est à toi d'aller chercher du feu chez Baba-Yaga !
Et elles la poussèrent hors de la pièce. Vassilissa courut à dans sa mansarde, servit à manger à la poupée, et lui dit en pleurant :
- Petite poupée, mange à ta faim, écoute ma peine ! On me dit d'aller chez Baba-Yaga. Elle va me dévorer !
- Ne crains rien, lui répondit la poupée. Prends-moi avec toi et va tranquillement où l'on t'envoie. Tant que je suis là, nul mal ne peut t'arriver.
Vassilissa mit sa poupée dans sa poche et s'en alla dans la forêt obscure, sur des sentes inconnues, sur des chemins perdus. La forêt était épaisse, aucune étoile ne brillait dans les cieux, la lune était cachée. La jeune fille se heurtait contre des souches, et la rosée mouillait ses longues tresses. Vassilisa cheminait depuis quelque temps quand un cavalier la dépassa : Il était de blanc vêtu, monté sur un cheval blanc, dont le harnais était blanc.
Aussitôt le ciel devint plus clair. Elle poursuivit son chemin et vit un autre cavalier : Il était de rouge vêtu, monté sur un cheval rouge dont le harnais était rouge. Et le soleil se leva. Ce n'est qu'au soir tombant que Vassilissa atteignit la clairière où vivait Baba-Yaga. Sa maison était faite d'ossements, des crânes portaient des yeux lumineux, pour montants de portail des tibias humains, pour loquets-ferrures des bras avec des mains, et en guise de cadenas verrouillant la porte, une bouche avec des dents prêtes à mordre.
En voyant ça, la pauvre jeune fille tremblait comme une feuille , quand un cavalier arriva : Il était de noir vêtu, monté sur un cheval noir dont le harnais était noir. Aussitôt la nuit tomba et s'allumèrent les yeux des crânes, si bien qu'on y voyait comme en plein jour. Vassilissa aurait bien voulu se sauver, mais la peur la clouait sur place. Tout à coup il se fit un grand bruit dans la forêt. Les branches craquaient, les feuilles crissaient. Et Baba-Yaga vieille sorcière, déboucha dans la clairière. Elle voyageait dans un mortier, du pilon l'encourage, du balai efface sa trace. Le mortier s'arrêta devant le portail, Baba-Yaga huma l'air et s'écria :
- Ça sent la chair fraiche, ça sent la chair humaine par ici ! Montre-toi, qui que tu sois ! Toute tremblante, Vassilissa s'approcha en saluant bas :
- C'est moi, grand-mère. Les filles de ma marâtre m'ont envoyée chez toi, te demander du feu.
- Oh oui, je les connais, dit Baba-Yaga. C'est bon, tu vas rester ici et me servir. Si le travail est bien fait, je te donnerai du feu, autrement, je te mangerai !
Baba-Yaga se tourna vers le portail et cria :
- Déverrouillez-vous, cadenas résistants ! Large portail, ouvre-toi ! Le portail s'ouvrit et Baba-Yaga roula dans la cour en sifflotant. Vassilissa la suivit. Et le portail se referma. Une fois dans la maison, Baba-Yaga s'affala sur un banc et ordonna à Vassilissa :
- Donnes moi tout ce qu'il y a dans le four et le garde manger ! Et dépêche-toi, je meurs de faim !
Vassilissa se mit à la servir. Quantité de pâtés et rôtis, salmis et confits, tartes et tourtes, jambons et soupes. Elle tira du cellier piquette et eau-de-vie, bières et vins à l'envies, de quoi boire-manger pour dix ! Baba-Yaga nettoya tous les plats, vida brocs et bouteilles jusqu'à la dernière goutte. Elle ne laissa pour Vassilissa qu'un quignon de pain, un peu de soupe et un bout de cochon rôti. Puis elle dit :
- Demain, après mon départ, tu balayeras la cour, nettoieras la maison, prépareras le dîner, rangeras le linge. Après ça, tu prendras dans la huche un boisseau de blé que tu vas trier grain par grain. Et tâche que tout soit bien fait, sinon je te mange ! Elle se coucha et se mit à ronfler. Vassilissa servit à sa poupée les restes du souper de Baba-Yaga et lui dit en pleurant :
- Petite poupée, mange à ta faim, écoute ma peine ! Si je ne fais pas tout ce travail, Baba-Yaga va me manger !
- Ne crains rien, lui répondit la poupée. Va dormir tranquille, le soir les pensées sont noires, le matin efface le chagrin ...
Vassilissa se leva avant l'aube, mais Baba-Yaga était déjà debout. Bientôt les yeux des crânes s'éteignirent. Passa le cavalier blanc et le jour se leva. Baba-Yaga sortit dans la cour et siffla, aussitôt le mortier vint se ranger devant elle, avec le pilon et le balai. Le cavalier rouge passa et le soleil apparut. Baba-Yaga monta dans son équipage et fila à toute allure. Dans un mortier voyage, du pilon l'encourage, du balai efface sa trace ... Restée seule, Vassilissa fit le tour de la maison en se demandant par quel bout commencer l'ouvrage, quand elle vit que tout était déjà fait, la poupée triait les derniers grains de blé. Vassilissa l'embrassa :
- Comment te remercier, ma poupée chérie ! Tu m'a sauvé la vie. La poupée grimpa dans sa poche en disant :
- Tu n'as plus que le dîner à préparer. Puis repose-toi.
Au soir tombant, Vassilissa mit la table. Bientôt le cavalier noir passa et la nuit tomba. Les yeux des crânes s'étaient allumés, on entendit les branches craquer, les feuilles crisser : c'est Baba-Yaga qui arrivait. Vassilissa sortit à sa rencontre.
- Le travail est-il fait, l'ouvrage bien terminé ? demanda Baba-Yaga. Vois par toi-même, grand-mère, répondit la jeune fille. Baba-Yaga inspecta tout, regarda partout sans trouver rien à redire. Elle grogna « Bon, ça peut aller...» puis appela :
- Fidèles serviteurs, mes amis de c½ur, venez moudre mon blé !
Alors trois paires de bras ont apparu, et emportèrent le grain hors de vue. Baba-Yaga dîna et se coucha en disant :
- Demain, en plus de tout ce que tu as fait aujourd'hui, tu vas trier un boisseau graines de pavot. De la terre s'y est mêlée, tâche qu'il n'en reste pas trace, sinon je te mange !
Elle se mit vite à ronfler. Vassilissa servit sa poupée qui mangea et lui dit comme la veille : - Va dormir tranquillement, tout sera fait. Le soir les pensées sont noires, le matin efface le chagrin.
Le lendemain, l'ouvrage fait en un tournemain, Vassilissa se reposa tranquillement.
A son retour, Baba-Yaga inspecta tout, regarda dans tous les recoins, ne trouva rien redire. Elle appela :
- Fidèles serviteurs, mes amis de c½ur, venez presser l'huile de mes graines de pavot ! Trois paires de bras apparurent, et emportèrent les graines hors de vue. Baba-Yaga s'attabla pour dîner. Vassilissa la servait en silence et la sorcière grommela :
- Pourquoi ne dis-tu rien ? Tu es là, comme une muette !
- C'est que je n'osais pas, grand-mère ! Mais si tu le permets, je voudrais bien demander quelque chose.
- Demande ! Mais apprend que toute question n'est pas bonne à poser. Apprend aussi qu'à savoir trop de choses, on vieillit trop vite.
Je voudrais que tu m'expliques ce que j'ai vu, grand-mère. En venant chez toi, un cavalier blanc m'a croisée. Qui est-il ?
- C'est mon jour clair, répondit Baba-Yaga.
- Après ça j'ai vu un cavalier tout rouge, qui est-ce ?
- C'est mon soleil ardent.
- Et puis j'ai vu un cavalier tout noir, qui est-ce ?
- C'est ma sombre nuit, répondit Baba-Yaga. Tous trois sont mes serviteur fidèles ! Tu veux savoir autre chose ?
Vassilissa pensait aux trois paires de bras, mais n'en souffla mot. Baba-Yaga lui dit - Eh bien, tu ne me poses plus de questions ?
- J'en sais bien suffisamment pour moi, grand-mère ! Tu l'as dit toi-même, à trop savoir, on vieillit vite.
- C'est bien, approuva Baba-Yaga. Tu interroges sur ce que tu as vu dehors, pas sur ce qui se passe dedans. Je n'aime pas les gens trop curieux, et je les mange ! Et maintenant c'est mon tour de te poser une question : comment arrives-tu à faire tout le travail que je te donne ?
- La bénédiction maternelle me vient en aide, grand-mère.
- C'est donc ça ? Eh bien, saches que j'ai horreur de ceux qui ont été bénis ! Je ne veux pas de bénis chez moi !
Baba-Yaga poussa la jeune fille dehors, mais avant de refermer le portail, elle prit un crâne aux yeux ardents, le mit au bout d'un bâton qu'elle fourra dans la main de Vassilissa : Voilà du feu pour les filles de ta marâtre ! Après tout, c'est pour ça qu'elles t'avaient envoyée chez moi.
Vassilissa partit en courant dans la forêt. Les yeux du crâne éclairaient son chemin et ne s'éteignirent qu'à l'aube. Elle chemina toute la journée et, vers le soir, comme elle approchait de sa maison, elle se dit : « Depuis le temps, elles ont sûrement trouvé du feu...» et voulut jeter le crâne. Mais une voix en sortit :
- Ne me jette pas, porte-moi chez ta marâtre !
Vassilissa obéit. En arrivant, elle fut bien étonnée de ne pas voir de lumière dans la maison, plus étonnée encore de voir la marâtre et ses filles l'accueillir avec grande joie. Depuis son départ, lui dit-on, pas moyen d'avoir du feu dans la maison. Celui qu'on allume ne prend pas, celui qu'on amène de chez les voisins s'éteint.
- J'espère que le tien ne s'éteindra pas, dit la marâtre.
Vassilissa apporta le crâne dans la chambre. Aussitôt les yeux brûlants fixèrent la marâtre et ses filles, les suivant partout, puis les consumant.
En vain tentaient-elles de fuir ou de se cacher, les yeux les poursuivaient et avant l'aube il n'en resta que cendres. Seule Vassilissa n'avait aucun mal.
Au matin, Vassilissa enterra le crâne, ferma la maison et s'en alla en ville où une vieille femme la recueillit en attendant le retour de son père. Un jour, Vassilissa dit à la vieille :
- Je m'ennuie à ne rien faire. Achète-moi du beau lin, je vais le filer, le temps me durera moins. La vieille lui apporta du lin et Vassilissa se mit au travail. Entre ses doigts le fuseau dansait, le fil s'étirait, plus fin qu'un cheveu, plus solide qu'acier. Elle eut vite fini de filer, voulut se mettre à tisser, mais aucun métier n'était assez fin pour son fil. C'est encore sa poupée qui l'aida, qui lui fabriqua un métier tel qu'on aurait pu tisser des toiles d'araignée avec ! Vassilissa se remit à l'ouvrage et à la fin de l'hiver la toile était tissée, si mince, si fine qu'on aurait pu la faire passer par le chas d'une aiguille ! Au printemps on fit blanchir la toile sur le pré, au chaud soleil, au vent frais. Et Vassilissa dit à la vieille femme :
- Va au marché, grand-mère. Vends cette toile et garde l'argent.
Mais la vieille femme dit à Vassilissa :
- Tu n'y songes pas ! Une telle toile n'est pas faite pour trainer dans une foire. Je vais la porter chez le tsar.
La vieille se rendit au palais.
- Que fais-tu là, bonne vieille ? Que veux-tu ?
- Je t'apporte une denrée rare, comme Votre Majesté n'est pas près d'en voir ! beau, du précieux à n'en pas croire les yeux !
Le tsar fit entrer la vieille et s'émerveilla de la toile :
- Combien en demandes-tu, bonne vieille ?
- Une toile pareille n'a pas de prix ! Nul ne peut l'acheter, le tsar seul peut la porter. Alors, si Votre Majesté y consent, je te l'offre en joli présent !
Le tsar remercia la vieille qui partit, chargée de cadeaux. Le tsar donna la toile à ses tailleurs pour qu'ils lui en fassent des chemises. Ces chemises, ils les coupèrent, mais pour ce qui est de les coudre, rien à faire ! Ni taille ni lingères n'osaient ouvrer une toile aussi fine. Le tsar, impatient, envoya chercher la vieille femme :
- Puisque tu as su tisser la toile, tu sauras coudre mes chemises !
- Cette toile ne sort pas de mes mains. C'est ma fille adoptive qui l'a tissée. C'est son travail, ce bel ouvrage.
- Eh bien, elle n'a qu'à coudre mes chemises ! Quand la vieille lui rapporta l'affaire, Vassilissa sourit :
- Je me doutais bien que c'était travail pour mes mains.
Et elle se mit à coudre. Dans ses doigts l'aiguille volait d'un point à l'autre et la douzaine de chemises fut prête en un rien de temps. La vieille les emporta chez le tsar et Vassilissa qui avait son idée, se baigna, se peigna, et mit sa plus belle robe pour s'installer devant la fenêtre. Peu après elle vit arriver un envoyé du tsar qui lui dit :
- Où est cette habile tisserande ? Sa Majesté le tsar veut voir de ses yeux celle qui lui a cousut de si belles chemises et veut la récompenser.
Vassilissa se rendit au palais. Et quand elle entra, le tsar la regarda et en tomba follement amoureux :
- Je ne te laisserai pas partir, ma douce beauté ! Sois ma femme !
Le tsar prit par la main Vassilissa la très belle, la fit asseoir à ses côtés et on célébra leurs noces sans plus tarder.
Bientôt le père de Vassilissa revint de voyage, il fut très heureux du bonheur de sa fille et resta vivre près d'elle. La vieille femme demeura aussi avec eux. Et toute sa vie la tsarine Vassilissa la très belle garda la petite poupée dans sa poche, sans jamais s'en séparer ...




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# Posté le dimanche 16 novembre 2008 09:41

Modifié le mardi 18 novembre 2008 06:29